Le thème de cette édition dégage un tendre parfum de nostalgie. D’autres approches, moins innocentes, seront aussi évoquées. L’équipe du festival a pris conscience des réticences et du malaise récurrent dès qu’on aborde la délicate question du désir de - ou pour - nos chères têtes blondes. Une clarification s’impose donc : la thématique 2010 trottait depuis longtemps dans nos projets, en dehors de tout opportunisme lié à l’actualité. Nous l’avons rendue publi- que dès la fin de la 16éme édition.


Les «Amours d’enfances» permettent d’interroger plusieurs formes du désir ou des désirs, c’est l’essence même du festival. Nous montrerons des premiers émois qui ignorent encore tout des distinctions adultes entre l’amitié, la tendresse et la sensualité. En deçà de la morale et des tabous, ces Jeux interdits (en partenariat avec la Cinémathèque) vont de l’enfance au seuil de l’adolescence (Krámpack). Ils conduisent à ce passage mystérieux et insaisissable qui nous coupe à tout jamais de l’enfance. La Petite de Louis Malle, l’iconoclaste Mon copain Rachid en ouverture du festival, les Courts métrages du Ciné P’tit-déj. (en partenariat avec Centre Images) ou C’est pas moi, je le jure (en partenariat avec les commissions «Jeune Public» et «Vague Jeune» des STUDIO) en seront quelques illustrations. Nous ne reculons pas devant l’obstacle qui révulse, dont le mot même est proscrit : la pédophilie. La réalité existe : l’ignorer ne résout rien. Les films aussi sont là, comme le troublant et méconnu L.I.E., le surprenant Hard Candy, The Woodsman si pathétique ou le pamphlet documentaire Déli- vrez-nous du mal.


Par ailleurs, Désir...Désirs offre cette année une carte blanche à Didier Roth-Bettoni, auteur et spécialiste du cinéma de l’homosexualité, ainsi qu’à Benoît Résillot, danseur, chorégraphe, réalisateur, performeur... Nous poursuivons notre complicité militante avec le CNP autour de l’identité de genre avec L’Ordre des mots, poignant témoignage d’exclu-E-s de la binarité masculin-féminin.


Des courts et des longs, des avant-premières, des inédits et des classiques... dix-sept séan- ces, beaucoup d’expositions, pour le plaisir et pour questionner le monde du désir... des désirs. Une nouveauté : la diffusion dans la programmation générale de cinq courts métrages lau- réats d’un concours national contre l’homophobie et ses conséquences : Jeune et homo sous le regard des autres.


Nous vous espérons nombreux pour ce voyage aux portes de l’enfance !