Un si joli mot valise inventé par Jacques Derrida, c’était tentant de nous en emparer afin d’en détourner un peu le sens et d’en faire un fil conducteur de notre programmation.


Quand celui-ci parle de « tragédie des accidents de la vie » qui en infléchissent le cours, nous ajoutons tous les imprévus de l’existence, plus ou moins graves, qui nous font manquer le but initial et aborder d’autres rives souvent plus risquées.

Notre destin est souvent programmé par un ensemble de déterminismes, entre la famille et la pression sociale notamment. Mais voilà, tout ne se passe pas comme prévu. L’autobus ne suit pas le parcours, on ne veut pas forcément épouser une jeune fille mais plutôt un jeune homme, notre sexe biologique ne correspond pas du tout à notre mental, celui ou celle que nous aimons nous quitte, autant d’imprévus individuels qui en provoquent d’autres et nous amènent quelquefois à nous redéfinir, changer de personnalité, voire d’identité.
Le voyage que nous effectuons tous s’effectue entre le « dériver » (quitter la rive) et « l’arriver » (gagner la rive).
« Voyager implique que l’on quitte un rivage familier, duquel on emporte son identité pour aborder l’inconnu. L’événement de l’abord de l’autre doit en général sa chance à la possibilité de manquer son but. Entre la dérive et l’arrivée se joue la discipline de la catastrophe, de l’accident d’où résulte une dérive du sens, et qui fausse la destinée.
D’où et vers où pourrait-on dériver pour arriver ? Dériver et arriver sont inséparables. Cette tragédie de la destination nous place tous
dans la destinerrance, celle de la vie. » Ce thème est un moyen de continuer d’explorer la transidentité et tous les voyages possibles entre « il » et « elle ». Il n’y a plus deux genres, mais une infinité.


L’histoire elle-même ne se déroule pas toujours comme nous l’attendions. Les militants des FHAR, GLH, MLF avaient-ils imaginé que c’est le commerce qui les accueillerait dans ses établissements protégés des regards extérieurs, alors que le monde du travail reste toujours homophobe ?