Édition 2018 - Diktat

 

 

 

 

Edito de l'équipe 

 

1993, la 1ère édition du Festival Désir… Désirs se déroule en janvier.

1993, le cinéma traverse une révolution silencieuse.

Pour la 1ère fois, des personnages de fiction non hétéronormés sont montrés sur grand écran. Sur le thème du sida, Philadelphia de Jonathan Demme et Les Nuits Fauves de Cyril Collard remportent des récompenses prestigieuses (Oscars et Césars), alors que leurs sorties s’accompagnent d’un succès populaire manifeste. Quant à My own private Idaho de Gus Van Sant ou Priscilla, folle du désert de Stephan Elliott, ils abordent sans retenue les thématiques du désir et de l’identité de genre. « Il faut se faire à cette nouvelle banalité : l’homo-ciné est en passe d’exister comme n’importe quel autre ressort dramatique, à l’air libre et franc du collier » nous disait cette même année le critique de cinéma, Gérard Lefort. Désir… Désirs avait donc vu juste : parmi les précurseurs dans l’hexagone, le festival affiche sa détermination à aborder les questions de désirs et d’identité de genre. Par sa longévité, il deviendra le plus ancien à le faire.

25 années se sont écoulées depuis la 1ère édition. Le cinéma a profondément évolué. D’une représentation cinématographique véhiculant parfois préjugés et clichés, les réalisatrices et réalisateurs nous proposent aujourd’hui une écriture et un cinéma multiples, subtils, tantôt délicats, tantôt féroces. En témoigne encore dernièrement 120 battements par minute de Robin Campillo, Tomboy de Céline Sciamma, ou encore Juste la Fin du monde du prodige québécois Xavier Dolan.

Tout comme le cinéma, le Festival Désir… Désirs a lui aussi évolué. Il est parvenu à transcender les disciplines artistiques pour proposer une programmation pluridisciplinaire : arts plastiques, peinture, théâtre, danse, musique ou encore littérature. Désir… Désirs a pris le parti de dépasser les frontières des disciplines artistiques, mais également les frontières géographiques des cinémas Studio et de la Ville de Tours. Désormais, ce sont 8 villes d’Indre-et-Loire et du Loir-et-Cher qui accueillent le festival. Pour l’équipe et les cinémas Studio, il ne s’agit pas seulement de rayonner, il s’agit principalement de mettre en application de profondes convictions : celles de croire qu’à travers l’art, la culture et l’éducation, nous pouvons construire un monde où la différence, de quelque nature qu’elle soit, ne puisse générer ni peur, ni violence.

Festival engagé contre toutes les formes d'exclusion et de discrimination, c'est autour de la question du « Diktat » que s'articule cette 25e édition. Nous allons à la redécouverte de notre monde, si libre en apparence mais qui nous enferme pourtant pleinement dans des diktats de diverses formes (sociaux, sexuels, moraux, identitaires, culturels...).

Pour les 25 ans :

  • nous partons à la découverte de vies contraintes par des codes sociaux si forts que les espaces de liberté n’en portent que le nom.

  • nous interrogeons l’activisme LGBT avec des débats, conférences et des invités renommés.

  • nous nous interrogeons sur les nouveaux formats qui envahissent nos écrans (teaser, web-séries...).

  • nous allons à la rencontre des jeunes publics avec la projection d’un film d’animation.

  • nous remettons le Prix du public du meilleur court métrage 2017

Ces thématiques sont autant de sujets qui pourront être parcourus, approfondis, réfléchis, mis en débat, avec des acteurs et réalisateurs du cinéma d'art et d'essai, des intervenants spécialistes de ces questions et le public.

La semaine cinématographique, du mercredi 14 février au mardi 20 février, mêle comme chaque année avant-premières, classiques et découvertes, films indépendants ou sorties nationales. Ouvert sur nos territoires, le Festival Désir...Désirs investit le reste du temps de nombreux espaces culturels tourangeaux et blaisois à la découverte d’autres disciplines artistiques. Azay-le-Rideau, Pont de Ruan et La Riche nous invitent à expérimenter nos identités à travers le théâtre, alors les arts plastiques nous interpellent à la Chapelle Ste Anne et chez Eternal Gallery. Le CCNT nous fait danser, à l’instar du Volapuk. Pendant ce temps, le CDNT nous propose une performance participative inédite alors que l’Ecole des beaux-arts réalise un colloque !

 

En bref, en 2018, Désir… Désirs est une fête.

 

 

L'équipe du festival Désir… Désirs